Focus sur Visa 2018

par les étudiants de l'ESJ PRO Montpellier

Dans les poches de Samuel Bollendorff

Ses images de paysage « contaminés » par la pollution, exposées à Visa pour l’image, ont été publiées en une du quotidien Le Monde.

Cet article a été écrit par Sarah Bourletias.
Publié le 07.09.2018 à 17h45 à Perpignan.
Le photojournaliste a parcouru le monde pendant six mois pour réaliser « Contaminations ». © Sarah Bourletias

Quand vous partez en reportage, que mettez-vous dans votre sac ?

Un appareil photo, bien sûr ! Lorsque je dois photographier des lieux, j’utilise un Nikon D800 avec un objectif architecture. Il permet de rétablir les perspectives et d’avoir des murs bien droits. Et lorsque je veux photographier des gens, j’utilise un Leica. C’est un appareil plus souple, plus discret, beaucoup moins invasif et intimidant. Je n’emporte jamais de zoom car je ne travaille qu’au 28. Ça oblige à ne pas être «flemmard» et à s’approcher de ce que l’on souhaite photographier. Avec les gens, ça oblige à aller les voir, à engager la conversation et finalement, à être proche de son sujet.

Quel est votre appareil photo préféré ?

Je n’en ai pas vraiment. Je considère que l’appareil est avant tout un outil qui permet au photographe de porter un discours et de réaliser ses sujets. Alors, si le sujet l’exige ou que ça me parait plus approprié, je peux être amené à changer d’outil. Après, ça fait 20 ans que je bosse au Leica, essentiellement parce que j’ai traité des problématiques sociales et que c’est l’appareil qui, pour ce type de sujet, me parait le plus adapté. Encore une fois, il permet de garder un rapport simple aux gens.

Vous êtes plutôt argentique ou numérique ?

J’aime beaucoup travailler en argentique mais, aujourd’hui, les photographes n’ont plus l’argent pour le faire. Dans l’argentique, il se produit quelque chose de magnifique entre le moment où l’on prend les photos et celui où, enfin, on les découvre. Avec l’argentique, on n’a pas une idée précise des images que l’on a prises alors, tant qu’on n’a pas la sensation d’avoir LA bonne photo, on continue, on va au bout des choses. Avec le numérique, au contraire, on en prend des milliers.

Qu’il y-a-t-il dans vos poches au moment de cet interview ?

Du papier à rouler parce que j’ai oublié mes clopes et tout un fatras de cartes de visite et de bouts de papier. Il y a toujours du bordel dans mes poches !

Avez-vous un porte-bonheur quand vous partez en reportage ?

Oui, j’en ai plusieurs. J’ai des petites amulettes et des dessins de ma fille où c’est écrit «Pourquoi pas». J’ai aussi en permanence, dans mon permis de conduire, un ticket gagnant d’un jeu à gratter qui n’existe plus, le Saint-Valentin. A l’époque, c’était encore des francs et j’en avais gagné 100. J’ai oublié de retirer la somme, j’imagine que je devais avoir autre chose à faire !

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