Focus sur Visa 2018

par les étudiants de l'ESJ PRO Montpellier

Flashback #2 : Les souvenirs de «Tonton Jo»

Celui qui se fait appeler «Tonton Jo» dit être le seul photographe à couvrir le festival depuis ses débuts.

Cet article a été écrit par Margot Hairon.
Publié le 04.09.2018 à 17h58 à Perpignan
Celui qui se fait appeler Tonton Jo dans les rues Perpignan le 3 septembre 2018. © Margot Hairon

Bonnet corse vissé sur la tête, appareil photo au poing, Tonton Jo est une figure du festival Visa pour l’image. Le Toulougien (de Toulouges, #66), qui avait abandonné son travail chez Ted Lapidus, dit être là depuis le début, dès de la première édition en 1989.

Il avait 47 ans et commençait à peine sa carrière de photographe. « Mon passé de commercial m’a bien servi par la suite car il ne suffit pas de faire de bonnes photos, il faut savoir les vendre. »

Il décide de couvrir ce nouveau festival de photo-journalisme à Perpignan, en tant que pigiste pour L’Indépendant, quotidien local. « La première année, c’était pas gagné », se souvient-il. « Il a fallu trouver des gens qui parlent de Visa autour d’eux, des gens avec de la gueule! ».

L’année suivante, Tonton Jo rempile. « J’avais trouvé l’idée bonne. J’ai voulu voir ce que pouvait donner la deuxième édition. »

«J’ai très bien gagné ma vie»

Au fil des éditions, le rendez-vous grandit. « La réussite d’aujourd’hui ne vient pas de nulle part. Cela a demandé beaucoup d’investissement de la part de Jean-François Leroy et des organisateurs. »

Davantage de photographes veulent exposer leur travail au festival. « Certains étaient vraiment connus dans le milieu. Il y a eu mon ami Willy Ronis en 2004, photographe du Front populaire, de la vie quotidienne à Paris. »

Au festival, les photographes professionnels partagent leurs expériences et leurs connaissances. « À l’époque, peu de jeunes se destinaient à ce métier ».

Les premières années, Tonton Jo peine à vendre ses photos du festival. Puis, au fur et à mesure que le rendez-vous prend de l’envergure, elles lui rapportent. « J’ai très bien gagné ma vie. Mais le numérique est venu tout changer. »

À Visa, on prend l’arrivée du numérique comme une bénédiction. « Les photos étaient envoyées plus vite, ils ont pu faire venir plus de photographes. Les sponsors ont suivi. C’était les belles années. »

Continuer pour le plaisir

Ces belles années font partie du passé. « Si les organisateurs jettent l’éponge, je ne vois pas qui sera capable de reprendre le flambeau. »

Si festival n’est plus intéressant pour lui financièrement, Tonton Jo dit continuer pour le plaisir. « Je n’ai pas vu passer ces trente dernières années. »

« Il faut que ça continue mais ça va devenir de plus en plus difficile », affirme-t-il. « Jean-François Leroy (directeur du festival, ndlr) a pris des risques énormes. Mais il y a cru, et il a réussi à atteindre ce but. C’est une chose merveilleuse que beaucoup de villes auraient voulu avoir. Et il a choisi de rester à Perpignan, la ville qui lui a tant donné ».

Et Tonton Jo de nous promettre qu’il continuera à écumer les couloirs des expositions jusqu’à ce que ses jambes « ne le portent plus ».

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