Focus sur Visa 2018

par les étudiants de l'ESJ PRO Montpellier

Flashback #3 : Trois photos qui ont fait polémique

Depuis la première édition de Visa, certaines images ont fait polémique, en voici trois.

Cet article a été écrit par Margot Hairon et Baptiste Gouret. 
Publié le 05.09.2018 à 18h19 à Perpignan.
La double page de Paris-Match, le 4 septembre 2008, avait crée une vive polémique. Visa pour l’image avait décidé de soutenir la photographe. Crédit photo : Paris-Match

#1. 2008 : une « promotion des talibans » ?

Le 4 septembre 2008, en plein festival, Paris Match – qui finance en partie l’événement – publie quatre photos de talibans prise par Véronique de Viguerie. Les mêmes qui, deux semaines plus tôt, tendaient un piège à dix militaires français et les tuaient, en Afghanistan.

Les clichés montrent les hommes, Famas en main, exhibant les effets personnels de leurs victimes. Très vite, photographes, politiques et opinion publique s’en mêlent.

Quand les uns crient au scandale et à la « promotion des talibans », les autres avancent le droit à l’information. Le festival se positionne rapidement et défend la photojournaliste. Jean-François Leroy décide même de projeter les images sur grand écran.

« Quand les mêmes journalistes publient des images d’insurgés en Irak, avec des armes de soldats américains, aucun homme politique ne crie au scandale », déclarait-il dans les colonnes du Monde le 11 septembre 2008.

#2. 2014 : la photo manipulée

Le festival n’a pas été épargné par le débat, vieux comme les logiciels de retouche, autour des photos manipulées et mises en scène. Lors de la 26e édition, une exposition est consacrée aux images prises par des photographes nord-vietnamiens.

Patrick Chauvel, photojournaliste et habitué des reportages au Vietnam, sélectionne avec Jean-François Leroy une photo prise en 1970, par Doan Cong Tinh. Elle dévoile des soldats américains en contre-jour escaladant une falaise devant des chutes d’eau. Mais Jorn Stjerneklar, photographe danois, émet des doutes sur l’authenticité de la photo.

Pour en avoir le cœur net, il se rend au Vietnam pour rencontrer le photographe. Et découvre que le cliché original est, à bien des aspects, différent. Celui exposé à Visa pour l’image a été retouché.

Jean-François Leroy plaide l’innocence et assure qu’il n’aurait jamais exposé une photo qu’il savait truquée. De son côté, Patrick Chauvel avoue avoir commis une erreur. « J’aurais dû être plus vigilant. »

#3. 2015 : rupture avec le World Press Photo

L’année d’après, c’est à peu près sur le même sujet qu’une polémique éclate. Cette fois, c’est le festival qui décide de refuser les clichés des lauréats du World Press Photo suite à une violation des règles du concours par un photographe italien.

Giovanni Troilo présentait une exposition sur la ville belge de Charleroi. Après enquête, les organisateurs du festival ont découvert qu’une des photos censées représenter la misère sociale de Charleroi, avait en fait été prise à Molenbeek, dans la banlieue de Bruxelles.

Le président de Visa pour l’image n’était de toute façon  pas avare de critiques envers le World Press Photo. « L’année où on a l’Ukraine, la Syrie ou Ebola, l’actualité est ailleurs que dans la chambre à coucher d’un couple homosexuel ! », avait-il lancé, en référence à une gagnante précédente qui dévoilait l’intimité d’un couple russe. Il n’empêche, le Word Press Photo est exposé au couvent des Minimes.

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