Focus sur Visa 2018

par les étudiants de l'ESJ PRO Montpellier

Maurice Cuquel, l’ambassadeur pédagogue du OFF

Ce grand habitué du festival OFF parcourt le monde pour faire de ses clichés un outil pédagogique.

Cet article a été écrit par Baptiste Gouret.
Publié le 06.09.2018 à 14h56 à Perpignan
Au restaurant Le Vauban, Maurice Cuquel devant ses photos argentiques. @Baptiste Gouret

À l’entrée du restaurant Le Vauban, sur les quais de Perpignan, le menu du jour s’est transformé en une longue liste de pays : Albanie, Haïti, Cambodge, plusieurs fois l’Arménie. Depuis 1995, Maurice Cuquel a multiplié les reportages.

Nous l’avons rencontré mercredi 6 septembre 2018. Il a ramené d’Iran une nouvelle série de photos, exposées sur les murs de la brasserie, une trentaine d’images prises en mars 2017, juste avant les élections.

À bientôt 62 ans, Maurice Cuquel est un habitué de festival OFF, une manifestation de photographes amateurs qui se déroule en même temps que son équivalent professionnel Visa pour l’image.

« C’est la quatorzième fois. Quinzième ? J’aurais dû compter avant de venir », s’excuse-t-il. Après avoir régulièrement reçu nominations et récompenses, la direction a décidé de l’écarter de la compétition, sans l’empêcher d’exposer. Le voilà devenu ambassadeur.

« 360 degrés »

Mais pour lui, l’exposition n’est qu’une partie du projet. Un prétexte, même, pour fabriquer un outil pédagogique. En prison ou dans les lycées, ses photos sont l’objet de rencontres, d’échanges et de travaux scolaires.

« Dans un lycée, j’ai fait le vernissage d’une expo sur les prisonniers politiques en Albanie. Les élèves ont écrit des textes sur ce que ça leur évoquait. » Il n’en fallait pas plus pour que le photographe décide d’y retourner.

« J’ai fait lire les textes aux prisonniers. C’est ce que j’appelle un projet 360 degrés. »

L’histoire que noue Maurice Cuquel avec la photo commence au lycée Saint-Michel, à Montauban. En accompagnant l’animateur du labo, il y fait ses premières armes. Puis vient « l’école de la débrouillardise » à la Dépêche du midi.

Lui qui avait, pendant plus de 10 ans, été coureur cycliste, a échangé sa selle de vélo contre celle d’une moto-suiveuse. « C’est dans le sport que je me suis vraiment épanoui. »

Parmi les réfugiés Sarhaouis

Le goût du reportage à l’étranger lui viendra plus tard. En 1995, Maurice Cuquel découvre l’Albanie, « un pays qui s’ouvrait, sur lequel j’ai eu envie de lever le voile ».

Il en sort une première exposition, avec ses cadres 45/4 qu’il n’a jamais lâchés et qui entourent ses photos argentiques en noir et blanc. « L’Albanie, ce fut la matrice de ce que je fais depuis. »

Un grand angle, un téléobjectif et un sujet au long cours à l’étranger. C’est tout ce qu’il faut à l’ancien instituteur pour se sentir à l’aise, « bien plus que sur un circuit de Formule 1 ».

S’il lui arrive de vendre ses photos à des magazines, il n’a jamais imaginé se professionnaliser. D’abord parce qu’il ne se trouve pas légitime. Et surtout parce qu’il aime prendre le temps. Typiquement ce qui manque aux professionnels de l’image.

« Lors d’un reportage en Algérie, je me suis invité dans un internat qui servait de camp de réfugiés sarhaouis, pendant une semaine. C’est ce que j’aime dans la photo. »

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