Focus sur Visa 2018

par les étudiants de l'ESJ PRO Montpellier

Trois choses à savoir sur George Steinmetz

Il est l’auteur d’une des expositions phares du 30e Visa pour l’image, consacrée à la malbouffe vue du ciel.

Cet article a été écrit par Yvan Le Gall. 
Publié le 07.09.2018 à 14h36 à Perpignan

#1. Il signe une exposition gigantesque

© Focus sur Visa

George Steinmetz expose pour la première fois au festival Visa pour l’image. Ce photographe américain, âgé de 61 ans, a déjà une longue et riche carrière. Il a travaillé avec le New Yorker, The New York Times, mais surtout avec le National Geographic.

Il a fait plus de 45 reportages pour ce magazine. Un chiffre dont peu de photographes peuvent se vanter. En 2018, pour la 30e édition de Visa pour l’image, il signe l’une des plus grandes expositions présentées en trente ans de festival.

En 74 photos, « Big food » raconte la malbouffe vue du ciel, les dessous de l’industrie agro-alimentaire et pose la question de la traçabilité de ce que nous mangeons. L’exposition est visible à la chapelle basse du Couvent des Minimes.

George Steinmetz a expliqué sa démarche lors d’une rencontre publique organisée vendredi 7 septembre au Palais des Congrès.

Il a travaillé durant cinq ans sur ce projet, parcourant le monde, allant du Brésil à la Chine en passant par l’Espagne. Dès les premiers jours, il s’est retrouvé quelques jours en prison dans le Kansas, aux Etats-Unis, après avoir survolé une exploitation d’engraissement.

« J’ai été arrêté trois fois en Iran, on m’a accusé d’espionnage mais on ne m’a jamais mis en prison. Il a fallu que ça m’arrive dans mon propre pays. »

#2. Il est spécialiste des photos aériennes

Andalousie, Espagne, 20 octobre 2015. Des serres formant une mer de plastique.
© George Steinmetz / Cosmos

George Steinmetz est l’un des précurseurs de la photo aérienne. Très tôt, il a commencé à utiliser un paraglider, un parapente avec une hélice.

« Je vole à 45 km/h donc c’est plus difficile de prendre de bonnes photos car je n’ai pas le droit à l’erreur », raconte-t-il. Il s’est déjà crashé douze fois avec cet appareil, sans jamais être gravement blessé.

Avec les nouvelles technologies, il s’est adapté, toujours dans sa vision aérienne. « Les drones offrent de nouvelles possibilités visuelles incroyables. On peut l’équiper de tous les types d’appareil photo, comme des infrarouges par exemple.»

« Parfois, lorsque je pars avec un drone, j’en oublie mon propre équipement. Cet engin permet d’explorer des lieux trop dangereux et permet des photos que je ne pourrais pas avoir autrement. » Mais il reste parfois difficile à manœuvrer. Le photographe a cassé sept drones.

#3. Il reste carnivore, malgré tout

Jiangsu, Chine, 16 juin 2016. Usine de transformation de poulets.
© George Steinmetz / Cosmos

Questionné lors de la rencontre publique sur ses opinions personnelles, George Steinmetz a mis l’accent sur la traçabilité des produits. « S’il y a plus de transparence, les dirigeants pourront prendre des décisions plus éclairées. Leurs décisions, tout comme les nôtres lorsqu’on fait nos courses, ont un impact sur l’environnement. »

Malgré ce qu’il a pu voir, la vision du monde du photographe n’a pas changé . « Je déteste qu’on vienne me convaincre de quoique ce soit. J’ai toujours mangé de la viande et je continue de le faire.»

« Mon but était de voir comment cette industrie fonctionne. Pas de faire de la propagande pour les personnes vegan. De toute façon, je pense qu’il est difficile de totalement échapper à la nourriture industrielle, quand on voit tous les produits utilisés pour faire un plat. »

George Steinmetz résume parfaitement son état d’esprit : « Les gens continuent de manger, je continue de photographier. »

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