Focus sur Visa 2018

par les étudiants de l'ESJ PRO Montpellier

Trois photos sur les « Fourmis rouges » de James Oatway

À l’occasion d’une visite guidée, le photojournaliste sud-africain a présenté cette société privée spécialisée dans l’expulsion, ses clichés à l’appui.

Cet article a été écrit par Maryne Le Goff.
Publié le 05.09.2018 à 17h58 à Perpignan
@jf_leroy / via Twitter

En Afrique du Sud, des « Fourmis rouges » opèrent contre les squatteurs de Johannesburg. Cette société privée spécialisée dans l’expulsion emploient près de 2.000 personnes chargées de libérer immeubles et terrains occupés. James Oatway, photojournaliste aguerri, les a suivi pendant un an.

Sur ses photos, on voit des « Fourmis rouges » en ordre serré, quasi militaire, vêtus d’une combinaison rouge, prêtes à intervenir. Ce mardi 4 septembre, James Oatway raconte, lors d’une visite guidée de son exposition à Visa pour l’image, trois moments forts de son reportage.

#1. Des masques pour l’anonymat

Pour éviter d’être reconnus par les gens de leur communauté, certains employés portent des masques. © Cécile Gossé

Certains optent pour un masque. « Quelques uns le font pour intimider ceux qu’ils expulsent, d’autres pour cacher leur identité, signale James Oatway. Il peut leur arriver de devoir arracher à leur logement des personnes de leur propre communauté, leurs voisins. »

Au départ, le photographe était surpris. « J’ai discuté avec eux, ils m’ont expliqué leurs raisons. Après ça, je ne les voyais plus vraiment sous le même angle. »

#2. Pillage et destruction

Chaque mois, de nombreuses personnes sont expulsées. © Maryne Le Goff

Les « Fourmis rouges » sont mandatées par les municipalités pour récupérer les immeubles ou terrains occupés illégalement. Ils détruisent tout sur leur passage et volent parfois certaines affaires.

Sur cette image, on peut lire une pancarte « We won’t move » (trad. Nous ne déménagerons pas). « Nous voyons l’expulsion d’une communauté installée sur un terrain contesté, indique le photojournaliste. Certains disent y résider depuis 30 ans.»

Alors que tous tentent de vivre près du centre de Johannesburg pour travailler, « on propose aux résidents des logements alternatifs dans un « village de containers » en périphérie » précise James Oatway. Retour à la case départ.

#3. Sous la combinaison, des hommes

Les fourmis rouges sont violents mais il leur arrive parfois de faire preuve d’humanité. © Cécile Gossé

Les « Fourmis rouges » ne peuvent se résumer à leur violence, insiste le photojournaliste. « J’ai été choqué par certaines opérations d’une brutalité extrême. (…) Sur cette photo, on voit le chef des « Fourmis rouges ». Il est agressif et brutal avec les employés et on on pourrait croire qu’il l’est également avec ces deux enfants. Pas du tout ! Il les aide à sortir de l’immeuble. » Et de rappeler que derrière chaque combinaison, il y a un être humain.

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